L’hôtellerie bordelaise  se réinvente

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Promenade à travers cinq établissements ouverts ces douze derniers mois, reflet d’une actualité hôtelière très dense à Bordeaux, avec, pour la seule année 2018, plus de 640 chambres supplémentaires et l’arrivée des géants de l’hôtellerie mondiale.

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Un Hilton très en vue

Un peu décentré, mais en bord de Garonne et à une dizaine de minutes à pieds de la gare de Bordeaux-Saint-Jean, le Hilton a été construit dans le nouveau quartier d’Euratlantique. Le vaste immeuble contemporain qui prolonge et imite les anciens abattoirs années 1950 abrite 166 chambres. Dès l’entrée, on est séduit par le grand confort des lieux et une déco pastel très réussie. « Nous avons bataillé pour nous émanciper du standard Hilton, explique son directeur, et personnaliser à notre goût nos chambres. » C’est plutôt bien fait, avec une moquette léopard et de ravissants fauteuils moutarde qui ­viennent réveiller un camaïeu de beige. Un agencement architectural original, aux ouvertures de biais, privilégie la vue sur la Garonne, la cathédrale et, au loin, le début du port de la Lune. Un restaurant, prénommé Babette, sous une voûte cathédrale, met l’accent sur une cuisine à base de produits frais du marché. Concept store, produits de créateurs, fitness, laverie viennent compléter l’offre de cet établissement qui peut afficher sans rougir ses ­4 étoiles. Attention au nom complet de l’hôtel, un rien trompeur. Il fait référence à un centre-ville qui est tout de même à cinq stations de tramway.
Hilton Garden Inn Bordeaux Centre,17, allée de Rio, chambres de 97 € à 487 €. Tél. : 05 64 37 15 10.www.naoshotelbordeauxcentre.com

Blues au Radisson Blu

Proche de la Cité du vin, posé sur les Bassins à flot, ce petit nouveau de l’hôtellerie bordelaise, avec 125 chambres, a investi dans une architecture très contemporaine et opté pour un amé­nagement parfois déroutant. Dans le lobby, on se croirait presque au beau milieu d’un showroom de meubles, tant le mobilier disparate semble avoir été posé un peu n’importe comment. Idem pour de vastes chambres où ­surnagent une table minuscule et un lit king size mal assorti (la direction ­affirme corriger prochainement le tir). Et que dire de cette suite d’angle dont la vue sur le bassin est obturée par un haut grillage rouillé, parti pris assumé d’architectes… oublieux peut-être du confort visuel des clients ? L’hôtel ­possède aussi quelques pépites plus heureuses. À commencer par un magnifique rooftop, avec bar, ouvert sur les eaux dormeuses du bassin à flot, et surtout un incroyable green de 9 trous en pelouse synthétique, construit sur un toit terrasse. Bluffant. La vue y est exceptionnelle tout comme celle du restaurant, le Well­man, qui doit son nom à une célèbre et ancienne grue du bassin à flot. Depuis quelques semaines, l’hôtel s’est aussi enrichi d’un beau spa, confié à la marque Sothys.
Radisson Blu Hôtel Bordeaux, 63 rue Lucien-Faure, chambres de 120 € à 450 €. Tél. : 05 56 01 25 00. www.radissonblu.com

Cosmopolite Central Hostel

C’est un peu un hôtel, beaucoup une auberge de jeunesse (plutôt haut de gamme) que ne fréquentent pas exclusivement les moins de 25 ans… Les concepteurs de ce nouvel hébergement préfèrent parler de « Boutique Hostel ». Quoi qu’il en soit et quels que soient les concepts, le lieu tranche singulièrement avec tout ce que Bordeaux peut proposer en matière d’hébergement. Dans une ancienne friperie, proche de la rue Sainte-Catherine, la grande ­artère commerçante du centre-ville, Central Hostel a été inspiré par les Piaules à Paris. Un bar-restaurant ­ultrasympa (à la carte autour de 15 €) occupe tout le rez-de-chaussée, his­toire de capter une clientèle bordelaise et de la mixer avec les résidents de l’hôtel. Cette agora, où règnent tapas, bières et bons crus à petit prix (5 € le verre de bordeaux), ouverte sur la très vi­vante place Saint-Projet, est aménagé autour d’un bar à la déco brute et colorée. Les chambres sont à majorité à partager, en douze dortoirs de six à huit lits (bien vu pour les tribus ou en ­famille). Des cabines, dont quelques-unes à la japonaise, bien équipées : prise USB et éclairage à variateur. Si vous n’avez pas la fibre partageuse, trois grandes chambres individuelles ­d’hôtel, confortables, très joliment décorées, occupent le dernier étage, avec une vue superbe sur les toits et clochers de Bordeaux. Le grand avantage du Central Hostel, c’est bien sûr son exceptionnel rapport qualité-prix, puisqu’on peut dormir ici pour moins de 30 €.
Central Hostel, 2, place Saint-Projet. Dortoirs de 26 € à 39 € par lit, chambres de 95 € à 155 €. Tél. : 05 57 59 97 28. www.centralhostel.fr

Un Golden Tulip à cueillir

Bien qu’affilié à un grand groupe ­hôtelier mondial, ce Golden Tulip ­ressemblerait presque à un boutique-hôtel. Très proche de la gare Saint-Jean, le nouvel établissement séduit, dès l’entrée franchie, par cette part d’intimité que sa décoration masculine, cuir brun et bois brut, favorise. Les chambres standardisées, au nombre de 111, renouent avec le côté international de la marque, quoique confortables, aux équipements complets. Mais cet hôtel cultive la singularité par une série d’initiatives uniques à Bordeaux. Sa ­direction mise sur la différence pour séduire une clientèle de 4-étoiles qui n’a que l’embarras du choix. Il met à disposition des tandems, lointain héritage de la Hollande, qui a vu naître la marque, avec fourniture d’un guide-itinéraire pour découvrir la ville (15 € la demi-journée). Encore plus original, un food-truck, camion-sandwicherie, prend position devant l’établissement, avec mange-debout, alternative lu­dique au restaurant de l’hôtel. Après le passage au desk d’accueil, on accède à une sorte de distributeur de produits de salle de bains, dit le « bar à savon », pour choisir la texture et le parfum du shampoing et du gel douche qu’on utilisera en chambre. Un bémol, toutefois : cette partie du quartier Euratlantique, dans lequel le Golden Tulip a poussé, est en plein devenir, avec son lot de grues et de palissades…
Golden Tulip Bordeaux Euratlantique, 13, rue des Gamins, chambres de 90 € à 500 €. Tél. : 05 57 19 92 10. www.goldentulip.com

Le Cardinal en suites

Dix suites en tout et pour tout, voilà résumé le Cardinal, une adresse un peu secrète installée dans un hôtel particulier, à deux pas de l’hôtel de ville de Bordeaux. Ce petit établissement de charme réserve quelques surprises, car les suites en question sont très atypiques. Deux d’entre elles, notamment, possèdent des terrasses-patios d’où la vue sur les toits est étonnante. La déco, très chinée et parfois un peu trop ­sophistiquée, fait la part belle au mo­bilier design contemporain : tables ­rondes en marbre, fauteuils de bonne facture et lit ultraconfortable occupent deux ou trois pièces, c’est selon, avec chaque fois un petit coin cuisine. Car l’hôtel n’a pas de restaurant, mais un room service arrosé des meilleurs crus de bordeaux. Le petit déjeuner y est servi uniquement en chambre. L’hôtel a 4 étoiles, bien qu’on pourrait sans problème lui en accorder une de plus. Bourré de charme, le Cardinal a déjà ses fidèles et connaît un franc succès que le faible nombre d’hébergements rend très exclusif.
Hôtel Cardinal, 4, rue Elisée-Reclus,
chambres de 140 € à 600 €. Tél. : 05 56 01 62 32. www.hotelcardinalbordeaux.fr

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