Les viticulteurs hésitants disposent désormais d’un délai supplémentaire pour rejoindre la campagne d’arrachage 2026. L’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) lancé par FranceAgriMer, qui devait s’achever le 6 mars, est prolongé jusqu’au 11 mars à midi. Une prolongation rendue possible par un nombre de candidatures inférieur à la capacité prévue de l’enveloppe.
Une demande modérée à mi-parcours. À ce stade, 4 145 dossiers ont été finalisés, totalisant 19 000 hectares de vignes en attente d’arrachage. Cela représente environ 60 % de l’enveloppe budgétaire totale (32 500 hectares prévus, pour un budget de 130 millions d’euros, soit 4 000 euros à l’hectare). La marge de manœuvre permet donc à l’administration d’offrir aux retardataires un délai supplémentaire de plusieurs jours, afin de permettre la finalisation des dossiers en cours ainsi que l’obtention des numéros VitiRestructuration pour ceux qui n’en disposaient pas encore.
Selon Jérôme Despey, président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, environ 700 dossiers restent en cours d’instruction et de nouvelles demandes arrivent chaque jour. La dynamique se rapproche de celle observée lors de la campagne précédente sur fonds Ukraine (2024-2025), qui avait dépassé 90 % de consommation des 120 millions d’euros débloqués.
Une géographie de la crise. Les départements les plus demandeurs ne surprennent personne : la Gironde arrive en tête, suivie de l’Aude, du Gard et de l’Hérault. Environ un tiers des candidatures concerne l’arrachage total des surfaces d’un domaine (sans critère restrictif), tandis que deux tiers relèvent de l’arrachage partiel, lequel se limite aux parcelles de plus de dix ans, hors chardonnay.
Une date de fin de travaux en débat. La principale interrogation des viticulteurs concerne désormais la date butoir des opérations d’arrachage effectives. Sur ce point, les positions divergent fortement entre les vignobles. Les producteurs languedociens plaident pour le 31 juillet 2026, afin que les travaux ne perturbent pas la récolte estivale. Les Bordelais, eux, défendent le 31 décembre 2026 : les fortes pluviométries attendues sur le millésime rendraient impossible le respect d’un calendrier estival serré.
Cette tension calendaire reflète une vérité plus large : derrière l’apparente convergence des chiffres se cache une diversité de situations locales. Toutes les régions n’arrachent pas pour les mêmes raisons et selon les mêmes contraintes climatiques. L’administration devra trancher rapidement pour permettre aux candidats d’organiser concrètement leur retrait du circuit productif sans entraver les opérations en cours.
