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« J’ai engagé 6 500 € pour entretenir mes vignes. Une dépense que j’aurais pu éviter » Les conséquences de l’ouverture tardive de l’arrachage

Le retard à l'ouverture de la campagne d'arrachage définitif pèse lourdement sur certains vignerons. Annoncée le 6 février 2026, la mesure tant attendue est arrivée trop tard pour les producteurs qui avaient déjà engagé les travaux d'hiver sur des parcelles…

Le retard à l’ouverture de la campagne d’arrachage définitif pèse lourdement sur certains vignerons. Annoncée le 6 février 2026, la mesure tant attendue est arrivée trop tard pour les producteurs qui avaient déjà engagé les travaux d’hiver sur des parcelles qu’ils souhaitaient pourtant supprimer. Conséquence : des frais inutiles, parfois importants, que ces exploitations en difficulté auraient préféré éviter.

Coopérateur dans le Gard, Laurent Furestier illustre parfaitement cette situation. Depuis la fin des vendanges 2025, il attendait l’ouverture du plan d’arrachage pour traiter ses 25 hectares de vignoble qu’il souhaite supprimer intégralement. « On est restés longtemps dans l’expectative de l’annonce définitive. J’ai appelé FranceAgriMer tous les 15 jours. Mais personne ne pouvait me renseigner », témoigne-t-il, encore agacé par cette absence de visibilité.

Dans l’incertitude, ce vigneron a entamé les travaux habituels d’entretien hivernal : prétaillage, labour, passage de l’intercep, traitements préventifs. Au total, en cumulant l’usage du tracteur, des machines et sa propre force de travail, il chiffre l’addition à environ 6 500 euros. « Une dépense que j’aurais pu éviter », résume-t-il, alors que son exploitation enregistre depuis quatre ans des résultats négatifs.

À Saint-Sernin, dans le Lot-et-Garonne, Guy Pauvert, propriétaire du domaine Amblard, raconte une situation comparable. Il a entrepris la taille de six hectares sur les 36 qu’il prévoit aujourd’hui d’arracher. « Ce sont des vignes que j’aurais gardées si le plan d’arrachage n’était pas sorti, explique-t-il. Tandis que j’aurais arraché quoi qu’il arrive les trente autres hectares. »

Plus pragmatique, ce vigneron qui envisage de prendre sa retraite dans trois à quatre ans relativise toutefois la perte. La majorité des travaux a été réalisée par ses salariés permanents, dont la rémunération aurait été assurée de toute façon. Plus encore, le délai lui a permis de mûrir sa décision : « Si le plan était sorti en novembre, j’aurais mis moins de vignes à l’arrachage. Mais depuis, j’ai vu que le marché n’était pas là. »

Tous les vignerons concernés doivent désormais attendre mi-mars pour connaître la surface qui sera retenue dans le cadre de leur demande. Une période d’incertitude supplémentaire, durant laquelle ils gèlent les interventions sur les parcelles concernées pour ne pas alourdir la note. Guy Pauvert a ainsi limité ses commandes de produits phytosanitaires à 60 hectares au lieu des 94 de son vignoble, et sollicite déjà des devis auprès de prestataires d’arrachage.

Reste une dernière inconnue : la date limite de fin d’arrachage. Les discussions oscillent entre le 31 juillet et le 31 décembre 2026, sans qu’aucune décision officielle n’ait encore été rendue publique. Cette imprécision agace une profession qui réclame de la visibilité pour organiser ses chantiers, mobiliser des prestataires et solder définitivement le sort de leurs parcelles.

Au-delà des cas individuels, le retard administratif révèle une fois encore les frictions entre l’urgence opérationnelle de la filière et la temporalité administrative. Une équation que les vignerons aimeraient voir résolue plus rapidement à l’avenir.

Fin de la chronique
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