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30 millions € pour lancer le rachat des vignobles arrachés à Bordeaux

Le vignoble bordelais s'apprête à se doter d'un outil inédit pour gérer les conséquences de l'arrachage massif en cours. Une foncière dédiée au rachat et à la restructuration des parcelles de vignes arrachées doit voir le jour au cours du…

Le vignoble bordelais s’apprête à se doter d’un outil inédit pour gérer les conséquences de l’arrachage massif en cours. Une foncière dédiée au rachat et à la restructuration des parcelles de vignes arrachées doit voir le jour au cours du premier semestre 2026, après que les principaux financeurs ont validé leur engagement le 23 février. Une initiative pionnière en France, qui suscite l’unanimité dans la filière comme parmi les pouvoirs publics.

Le montage financier mobilise un total de 30 millions d’euros, répartis entre acteurs publics et privés. L’Établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine apporte 10 millions d’euros, destinés à constituer une « garantie de bonne fin » bancaire et à permettre les premiers rachats dès validation par son conseil d’administration. Les banques régionales contribuent à hauteur de 14 millions d’euros, via le Crédit Agricole d’Aquitaine, la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique, le Crédit Mutuel du Sud-Ouest et la Caisse d’Épargne Aquitaine Poitou-Charentes. Enfin, 6 millions d’euros viennent compléter l’enveloppe, abondés par la région Nouvelle-Aquitaine, l’État, la Chambre d’agriculture de la Gironde et la CCI de Bordeaux-Gironde.

L’objectif est clair : assurer le rachat, la restructuration et la revente des parcelles de vignes arrachées, dans une logique de valorisation et de diversification agricole. La foncière permettra notamment de réorienter certaines terres vers des productions alternatives — maraîchage, arboriculture, élevage, grandes cultures — afin de redessiner le paysage agricole girondin sans laisser à l’abandon les surfaces libérées par la viticulture.

L’outil sera détenu à 70 % par des fonds privés et 30 % par des fonds publics, avec une animation confiée à la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural de Nouvelle-Aquitaine (Safer). Une gouvernance qui équilibre les logiques économiques et l’intérêt général, et qui permet d’agir dans la durée sans dépendre exclusivement des financements publics.

Concrètement, un appel à manifestation d’intérêt sera lancé prochainement à destination des agriculteurs girondins souhaitant vendre ou échanger des parcelles. Le cahier des charges est en cours d’élaboration et définira précisément les contours de l’intervention. La mise en œuvre opérationnelle est annoncée pour le premier semestre 2026.

L’idée originelle revient à la Confédération Paysanne de Gironde, qui plaide depuis plusieurs années pour un outil collectif capable d’éviter à la fois l’abandon des terres et la spéculation foncière sur les parcelles arrachées. Le consensus actuel autour du projet, rassemblant l’ensemble des syndicats professionnels, l’interprofession bordelaise et les acteurs institutionnels, témoigne de la prise de conscience collective face à l’ampleur de la mutation en cours.

Pour le vignoble bordelais, cette foncière constitue un signal politique fort. Elle traduit la volonté d’accompagner intelligemment la restructuration de la première région viticole de France, en transformant une crise douloureuse en opportunité de renouveau pour l’agriculture girondine.

Fin de la chronique
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