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Les ventes de crémants progressent, mais les prix stagnent

Les crémants de France continuent d'écrire une histoire commerciale enviable. Selon les chiffres présentés par la Fédération Nationale des Producteurs et Élaborateurs de Crémant (FNPEC) lors du salon Wine Paris, les ventes ont atteint 122,9 millions de cols en 2025,…

Les crémants de France continuent d’écrire une histoire commerciale enviable. Selon les chiffres présentés par la Fédération Nationale des Producteurs et Élaborateurs de Crémant (FNPEC) lors du salon Wine Paris, les ventes ont atteint 122,9 millions de cols en 2025, soit une hausse de 7,5 % sur un an. Un nouveau record historique pour une catégorie qui progresse de plus de 58 % en dix ans.

Les huit appellations françaises de crémant participent toutes à cette dynamique, mais l’essentiel des volumes provient des quatre régions phares : Alsace, Loire, Bourgogne et Bordeaux, qui représentent ensemble plus de 90 % des bouteilles vendues. Parmi ces poids lourds, la Bourgogne connaît une progression spectaculaire (+18 %), suivie par la Loire (+12 %) et l’Alsace (+7 %). Cette dernière consacre désormais 30 % de sa superficie viticole aux effervescents, plus que la Loire ou la Bourgogne, signe d’un repositionnement assumé.

Cette croissance ne masque cependant pas un défi majeur : la valorisation. Le prix moyen en grande distribution stagne, passant de 6,76 € en 2024 à 6,77 € en 2025, soit une hausse symbolique de 0,2 % qui peine à compenser l’inflation des coûts de production. Pour Dominique Furlan, président de la FNPEC, l’avenir de la catégorie réside dans une « zone de conquête sur le segment 9-15 € en grande distribution », tirée vers le haut par la mise en avant de cépages originaux et de cuvées spéciales.

Les écarts de positionnement varient sensiblement selon les régions. Le crémant de Savoie atteint 10,54 € de prix moyen, celui du Jura 8,27 €, mais leurs volumes restent modestes et même en recul. À l’inverse, Bordeaux (6,04 €) et Limoux (6,06 €) tirent les prix vers le bas tout en bénéficiant d’une croissance volumique importante, en particulier Limoux qui progresse de 29,7 %. L’Alsace, leader historique, maintient un prix moyen de 6,70 € (+0,6 %) mais perd 3,6 % de ses volumes.

L’export joue un rôle de plus en plus structurant. La part exportée des crémants de France est passée de 40 à 43 % entre 2024 et 2025. Pour la Bourgogne et le Limoux, l’export dépasse désormais le marché intérieur (51 % et 52 % respectivement). À l’inverse, certaines appellations restent fortement domestiques : 86 % des volumes de la Clairette de Die, 74 % en Alsace et 70 % à Bordeaux sont écoulés en France.

La récolte 2025, particulièrement généreuse, devrait permettre de répondre à la demande croissante. Les vignerons se réjouissent des volumes après une vendange 2024 décevante. Reste désormais à transformer cette croissance volumique en valorisation durable, condition essentielle pour pérenniser l’équilibre économique de la catégorie.

Entre univers festif et complexité aromatique, le crémant français incarne un positionnement original, à la fois alternative crédible au champagne et expression authentique de terroirs régionaux. Une équation séduisante, qui doit encore trouver son juste prix.

Fin de la chronique
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