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La Loire joue sur ses forces pour s’imaginer « en vins de demain »

Le vignoble de la Loire revendique aujourd'hui un positionnement original face aux mutations de la consommation. Lors du salon Wine Paris 2026, Camille Masson, président de l'interprofession InterLoire, a livré la feuille de route stratégique d'une région qui s'appuie sur…

Le vignoble de la Loire revendique aujourd’hui un positionnement original face aux mutations de la consommation. Lors du salon Wine Paris 2026, Camille Masson, président de l’interprofession InterLoire, a livré la feuille de route stratégique d’une région qui s’appuie sur ses blancs et ses bulles pour s’imposer comme un « modèle pour les vins de demain ».

Les chiffres soulignent une dynamique export en hausse. L’exportation, qui représentait 18 % des volumes en 2018, atteint désormais 24 % en 2025, avec un objectif fixé à 30 % d’ici 2030. Une ambition affichée malgré un contexte international peu favorable, marqué par les tensions géopolitiques et la déconsommation. « Nous bénéficions d’un climat et d’un vignoble de vins blancs adaptés pour tirer notre épingle du jeu », souligne le président, alors que le blanc représente déjà 36 % des volumes commercialisés en Loire en 2023-2024.

L’argumentaire d’InterLoire s’appuie sur les évolutions des préférences générationnelles. Selon le rapport Wine Landscapes 2025 de l’IWSR, 73 % des consommateurs de la Gen Z déclarent chercher à modérer leur consommation d’alcool. Ils privilégient des vins plus légers, frais, désaltérants, idéalement situés entre 10 et 11 degrés. Sur ces critères, les blancs ligériens — chenin, sauvignon, melon de Bourgogne, chardonnay — disposent d’atouts naturels et techniques considérables.

La force effervescente de la Loire constitue un autre pilier stratégique. Crémants de Loire, fines bulles de Saumur et de Vouvray totalisent près de 50 millions de bouteilles commercialisées chaque année, faisant de la région la deuxième productrice française d’effervescents derrière la Champagne. La production annuelle moyenne se répartit en 200 000 hectolitres de crémant, 120 000 hl de Saumur effervescent et 60 000 hl de Vouvray.

Camille Masson insiste cependant sur l’enjeu de la valorisation. Entre 30 et 40 % des crémants partent vers l’Allemagne à des prix départ très bas, autour de 3 à 4 €. Un travail collectif doit permettre d’améliorer cette équation économique et de rapprocher la valorisation moyenne de la qualité réellement produite. Une montée en gamme stratégique pour la pérennité économique des coopératives et négoces ligériens.

Les vins rouges ne sont pas oubliés, même si le contexte leur est moins favorable. L’adaptation technologique des profils — moindre extraction, élevages adaptés, recherche de fraîcheur — permet d’aligner les rouges ligériens sur les attentes des nouveaux consommateurs. Cabernet franc, gamay et pinot noir offrent une palette diversifiée capable de séduire en restauration comme en cave.

Avec son climat tempéré, sa diversité de cépages et son ouverture aux nouveaux usages, le vignoble ligérien dispose ainsi de toutes les cartes pour rester en phase avec son époque.

Fin de la chronique
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