Et si l’avenir du muscat se jouait dans les verres des jeunes amateurs ? Une étude menée par l’équipe de recherche de Toulouse Purpan, sous la direction d’Olivier Geffroy, vient apporter un éclairage stimulant sur les préférences des nouveaux consommateurs de vin. Le profil terpénique des muscats, longtemps boudé par les modes et associé à des images vieillissantes, suscite en réalité un enthousiasme inattendu chez les buveurs de moins de vingt-cinq ans.
Les vins blancs jouent un rôle central dans la séduction des plus jeunes amateurs. Pour les chercheurs, ils constituent des produits attractifs pour intéresser et recruter de nouveaux consommateurs. L’étude a comparé quatre profils sensoriels distincts : thiolé, terpénique, fermentaire et boisé. Au total, 134 jeunes consommateurs, âgés en moyenne de 20,7 ans et buvant du vin depuis deux à six ans, ont participé aux tests, dans des contextes de consommation variés.
Les résultats interpellent. Dans un contexte d’apéritif estival entre amis, le profil terpénique de muscat est nettement préféré aux trois autres. Il devance le profil fermentaire, lui-même placé devant le profil thiolé. Le profil boisé arrive en dernière position, marquant un véritable décalage avec les choix traditionnels promus par les générations précédentes. Cette hiérarchie traduit une attente claire : des vins blancs aromatiques, expressifs, immédiats, susceptibles d’accompagner des moments festifs sans complexité.
Le titre choisi par les chercheurs pour présenter leurs travaux résume bien la conclusion : « Muscat is not dead ». L’image dévaluée du cépage, longtemps cantonné aux vins fortifiés et aux vins doux qu’il a historiquement produits, ne reflète plus la réalité des goûts émergents. Les jeunes adultes plébiscitent au contraire la fraîcheur florale, les notes de rose, de litchi et d’agrumes qui caractérisent le profil terpénique du muscat sec.
Pour les vignerons et les metteurs en marché, ces données fournissent des éléments concrets pour repenser l’offre. Développer des gammes de muscat sec aux arômes terpéniques, adaptées aux contextes de consommation modernes, pourrait représenter une opportunité significative dans un marché du vin en pleine mutation. L’équipe de recherche appelle d’ailleurs à poursuivre les travaux pour mieux comprendre les ressorts de cette préférence, et l’écart marqué entre la perception positive des jeunes consommateurs et l’image traditionnelle du cépage. Le renouveau du muscat sera peut-être porté par la génération Z, en faisant tomber les préjugés et en réinventant les codes du vin blanc convivial.
