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Tracteurs vignerons embourbés : le déluge, « on ne les compte plus. Cela fait 30 à 40 ans que l’on n’a pas vu ça ! »

Le vignoble méditerranéen vit un début d'année 2026 hors norme. Les pluies hivernales transforment les parcelles en bourbiers et provoquent un nombre inédit d'embourbements de tracteurs, alors même que la végétation démarre avec deux à trois semaines d'avance. L'équation se…

Le vignoble méditerranéen vit un début d’année 2026 hors norme. Les pluies hivernales transforment les parcelles en bourbiers et provoquent un nombre inédit d’embourbements de tracteurs, alors même que la végétation démarre avec deux à trois semaines d’avance.

L’équation se complique au fil des jours pour les vignerons du Sud. D’un côté, le débourrement précoce des cépages les plus avancés impose un rythme soutenu. De l’autre, l’accès aux parcelles devient une véritable épreuve. Sarments non broyés, travaux d’hiver inachevés, sols saturés d’eau : les chantiers s’accumulent sans pouvoir être traités à temps. Pour Pascal Marié, référent national pour la filière viticole de la Coordination Rurale de l’Hérault, la difficulté principale tient désormais à la simple question de pouvoir sortir le tracteur du hangar.

Une vague d’enlisements sans précédent

Sur le terrain, les anecdotes se multiplient. Les tractopelles se déplacent en cascade pour aller récupérer les engins coincés, parfois deux ou trois tracteurs s’enchaînent pour en extraire un seul. « Cela fait 30 à 40 ans qu’on n’a pas vu ça », résume Pascal Marié. Avec un outil de taille déporté qui décale le poids sur la roue latérale, les glissades se transforment vite en cauchemars logistiques mêlant ceps brisés et fils de fer arrachés.

Au domaine de Vallaurie, dans le Gard, Pauline Pradier a documenté sa mésaventure sur les réseaux sociaux : son tracteur s’est enfoncé brutalement en pleine campagne d’épandage d’engrais, la terre apparaissant sèche en surface mais saturée d’eau en profondeur. Le sauvetage a mobilisé un télescopique et un second tracteur. Son père avait connu mésaventure similaire la semaine précédente. Une trentaine de vignerons des départements voisins lui ont depuis témoigné avoir vécu des situations comparables.

Vers une saison à hauts risques

Le problème dépasse l’anecdote. Damien Onorré, président du Syndicat des vignerons de l’Aude, ne parvient même pas à accéder à pied à toutes ses parcelles de chardonnay. Faute de pouvoir tailler mécaniquement, il s’en remet au taille-haie manuel. Travaux du sol, désherbage, premiers traitements : tout prend du retard, alors que la pression mildiou s’annonce forte pour le millésime 2026.

Les syndicats demandent déjà des dérogations pour pouvoir recourir aux drones de pulvérisation, conscients qu’une intervention par voie classique sera impossible dans nombre de parcelles. À cela s’ajoutent des tensions économiques de plus en plus aiguës : le Gazole Non-Routier est passé de 700 à 900 euros les mille litres en raison du contexte géopolitique, et les distributeurs refusent désormais de faire crédit aux exploitations. Une accumulation de difficultés qui pèse sur des trésoreries déjà au plus bas.

Fin de la chronique
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