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Taille en kayak pour ce viticulteur s’adaptant aux pluies diluviennes

Dans l'Aude, le viticulteur Lionel Tisseyre a sorti un kayak de son garage pour achever la taille d'une parcelle submergée par 80 centimètres d'eau. Une scène insolite qui illustre l'adaptation forcée du vignoble languedocien à un hiver particulièrement humide. L'idée…

Dans l’Aude, le viticulteur Lionel Tisseyre a sorti un kayak de son garage pour achever la taille d’une parcelle submergée par 80 centimètres d’eau. Une scène insolite qui illustre l’adaptation forcée du vignoble languedocien à un hiver particulièrement humide.

L’idée lui est venue en pleine nuit, alors que l’angoisse du débourrement précoce le tenait éveillé. Installé à Ornaisons, dans le Narbonnais, Lionel Tisseyre cumule les casquettes : viticulteur sur dix hectares, oléiculteur sur trois hectares, et président du club local de kayak. Cette dernière fonction se serait avérée déterminante pour résoudre un problème inédit : terminer la taille des 600 derniers pieds de caladoc d’une parcelle baignant dans 80 centimètres d’eau, au pied d’un ruisseau saturé incapable d’évacuer le trop-plein.

Une saison hors norme

Le cumul de jours pluvieux enregistré en Languedoc depuis le début de l’année 2026 dépasse toutes les références récentes. « C’est la première fois depuis très longtemps que j’ai dû tailler pendant un mois mes dix hectares de vignes les bottes aux pieds », confie le coopérateur des Celliers d’Orfée. Dans certains rangs, l’eau dépassait toutefois la hauteur des bottes, rendant impossible la progression à pied. Avec le débourrement déjà visible dans les parcelles les plus précoces du Midi, il ne pouvait plus attendre.

Une heure et demie pour cent pieds

Le lendemain matin, le viticulteur a embarqué son kayak et son sécateur électrique pour tester sa méthode improvisée. Sur les cent mètres de la section immergée, l’astuce a parfaitement fonctionné : il faut compter environ une heure et demie pour avancer dans le kayak en taillant une centaine de ceps. Le chantier vient d’être bouclé ce 10 mars, juste avant que trois nouvelles journées de pluie ne s’abattent sur le secteur. Lionel Tisseyre peut désormais respirer un peu, même s’il sait que les parcelles de carignan, plus précoces, exigeront son attention sans délai.

Drones et dérogations à l’horizon

Reste maintenant à savoir si l’eau s’évacuera suffisamment avant les premiers traitements en tracteur. Au regard des conditions exceptionnelles, le syndicat des vignerons de l’Aude a déjà déposé une demande de dérogation pour autoriser le traitement par drone sur les parcelles inaccessibles. Cette anecdote illustre une nouvelle fois la créativité dont font preuve les vignerons face aux dérèglements climatiques de plus en plus marqués, qu’il s’agisse de sécheresses estivales ou, comme ici, d’épisodes de précipitations hors norme qui paralysent les chantiers à des moments critiques du cycle végétatif.

Fin de la chronique
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