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Vignes inaccessibles : « certains ne vont pas pouvoir traiter. Si l’on rate le premier traitement, le mildiou s’installe et on court après toute la saison ! »

Dans le Languedoc, les pluies abondantes paralysent les travaux mécaniques dans les vignes. Entre risque mildiou montant, pression des escargots et concurrence azotée, les viticulteurs préparent leurs pulvérisateurs en espérant pouvoir intervenir à temps. Le millésime 2026 démarre sous un…

Dans le Languedoc, les pluies abondantes paralysent les travaux mécaniques dans les vignes. Entre risque mildiou montant, pression des escargots et concurrence azotée, les viticulteurs préparent leurs pulvérisateurs en espérant pouvoir intervenir à temps.

Le millésime 2026 démarre sous un double signe : précocité du débourrement et excès d’humidité dans les sols. Gwenaël Thomas, cogérant du laboratoire Natoli, accompagne agronomiquement 45 exploitations réparties entre Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Vaucluse et Corse. Le constat est sans appel : ce n’est pas l’avance végétative qui inquiète, mais l’impossibilité de préparer correctement les sols pour les semaines à venir. Les parcelles sont au mieux gorgées d’eau, au pire inondées, et les tracteurs s’embourbent. Les équipes prennent de l’avance sur les tâches piétonnes, comme la taille ou l’abaissement des fils, mais attendent désespérément que les sols deviennent praticables.

Un goulot d’étranglement annoncé en avril

L’agronome anticipe une explosion végétative en avril qui concentrera tous les travaux d’entretien au même moment. Les retards accumulés sur les couverts végétaux alimentent par ricochet le risque mildiou : végétation montante au pied des souches, œufs d’hiver à pleine maturation, conditions de diffusion optimales. L’enherbement, qui ne constitue pas encore une menace hydrique avant la mi-avril, génère en revanche une concurrence azotée pénalisant la nutrition de la vigne.

Sur le terrain, chacun adapte sa stratégie. Jean-Pascal Pelagatti, président de la FDSEA 34 et vigneron à Béziers, choisit de conserver l’herbe dans ses parcelles pour limiter la remontée des escargots vers les bourgeons, observée l’an dernier dès que l’herbe était coupée. Sans taille achevée et sans accès aux rangs, il redoute un démarrage explosif du mildiou : « si l’on rate le premier traitement, le mildiou s’installe et on court après toute la saison ». Avec un arsenal de produits efficaces qui s’amenuise, le moindre raté en début de cycle devient lourd de conséquences.

Vers une dérogation pour les drones

Face aux parcelles inaccessibles, les organisations professionnelles de l’Aude, du Gard et de l’Hérault réclament des dérogations pour pouvoir recourir aux drones de pulvérisation. La nature des produits autorisés conditionnera l’utilité réelle de la mesure. Thomas Gautier, consultant à l’ICV, recommande pour sa part de conserver l’enherbement sur un rang sur deux afin de favoriser le ressuyage des sols, en attendant les premiers traitements sur cépages précoces comme le chardonnay. Pour les laboratoires comme pour les vignerons, le mot d’ordre est désormais d’avoir matériel, produits et équipes prêts à intervenir au moindre créneau météo favorable.

Fin de la chronique
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