Lanson-BCC a publié des résultats 2025 en net repli, marqués par une chute du bénéfice net de près d’un tiers. À cette occasion, son PDG Bruno Paillard est revenu sans détour sur les dérives du marché champenois.
Le groupe, qui rassemble huit maisons de champagne, affiche un bénéfice net de 16,2 millions d’euros, en recul de 32 %. Le chiffre d’affaires recule également de 8,7 % pour s’établir à 233 millions d’euros. Cette contre-performance s’explique par une baisse des volumes commercialisés, mais aussi par le renchérissement du raisin et des coûts liés au financement des stocks.
Face à ce contexte, Bruno Paillard appelle à un repositionnement stratégique de la filière. Selon lui, la profession a délaissé une partie essentielle de sa clientèle : « Les Champenois ont perdu la clientèle populaire et je pense que c’est une grave erreur », a-t-il martelé lors de la présentation des résultats. Le groupe entend désormais reconquérir ce segment en France, notamment via le renforcement de sa cuvée Chanoine Héritage et une présence accrue en grande distribution, quitte à rogner ponctuellement sur ses marges.
LVMH dans le viseur
Le dirigeant pointe également un facteur structurel rarement évoqué aussi crûment : la pression exercée par le géant du luxe LVMH sur le marché du raisin. Pour Bruno Paillard, le champagne stagne depuis une décennie en partie à cause de cette tension. Toutes les maisons, dit-il, ont dû faire face à une « agressivité commerciale interne d’une violence inouïe » pour sécuriser leurs approvisionnements en raisin, ce qui a entraîné un alignement général à la hausse des prix d’achat. Conséquence directe : les caves des opérateurs débordent désormais de vins jugés trop coûteux au regard de ce que le marché est prêt à accepter.
Lanson annonce de son côté une baisse comprise entre 5 et 10 % du prix du raisin pour 2026. Sans publier de prévisions chiffrées en raison des incertitudes économiques mondiales, le groupe vise tout de même un résultat d’au moins 20 millions d’euros et entend regagner du terrain sur les marchés perdus. Le portefeuille premium s’est par ailleurs renforcé en janvier avec le rachat, pour 50 millions d’euros, de la maison Heidsieck & C° Monopole.
