Journal du Vin  ·  News du vin
— News du vin —

Des panneaux solaires tombent sur des vignes après des vents à 180 km/h

Pour la première fois dans le vignoble français, une installation agrivoltaïque s'est effondrée sur une parcelle de vignes, après le passage de la tempête Nils du 12 février. Le sinistre, qui touche un hectare de jeunes ceps dans les Pyrénées-Orientales,…

Pour la première fois dans le vignoble français, une installation agrivoltaïque s’est effondrée sur une parcelle de vignes, après le passage de la tempête Nils du 12 février. Le sinistre, qui touche un hectare de jeunes ceps dans les Pyrénées-Orientales, ouvre une période d’expertise complexe et bloque les travaux viticoles essentiels.

L’incident s’est produit à Terrats, sur le domaine Solaspres, propriété du groupe Nos Terroirs Solaires. Un dispositif expérimental y associe 3,5 hectares de panneaux photovoltaïques dynamiques surplombant des vignes de carignan plantées en janvier 2025, complétés par 3 hectares de vigne témoin. Sous l’effet de rafales atteignant 180 km/h pendant plus de dix heures consécutives, la structure métallique élevée à cinq mètres de hauteur s’est affaissée sur les rangs. Comme le résume Jonas Dubois, chef d’exploitation, « la structure s’est écroulée, elle est tombée au sol comme un château de cartes ».

Des dégâts en partie limités sur les ceps

Paradoxalement, les jeunes vignes elles-mêmes ont été relativement épargnées par l’effondrement, les poteaux ayant majoritairement chuté sur des inter-rangs non plantés, conformément au schéma d’implantation. Quelques souches ont été affectées, mais leur taille modeste a limité les dommages directs. Le palissage et le système de goutte-à-goutte sont en revanche fortement endommagés, et l’impossibilité d’intervenir dans la parcelle, gelée par les expertises en cours, fait craindre des conséquences plus lourdes : risque de concurrence hydrique, défaut d’entretien sanitaire, stress sur des ceps de deuxième année cruciaux pour la suite.

Un sinistre de l’ordre du million d’euros

L’investissement initial sur les 3,5 hectares photovoltaïques s’élève à 4 millions d’euros. Le coût des réparations est estimé entre 1 et 2 millions d’euros. Cécile Magherini, directrice générale de Sun’Agri, exploitant énergétique de la parcelle et filiale du groupe Eiffage, met en avant le caractère exceptionnel de la tempête : selon elle, l’origine du sinistre tient au phénomène météorologique inédit pour la station Météo France de la zone, et non à un défaut de conception. La structure était dimensionnée pour résister à des vents de 120 km/h. À 180 km/h, le seuil de tolérance a été largement dépassé.

Un débat amplifié par les opposants

L’événement n’a pas manqué de relancer les critiques portées contre les projets agrivoltaïques par la Confédération Paysanne des Pyrénées-Orientales et la Coordination Nationale Photorévoltée. Pour Sun’Agri, qui opère 71 sites dans l’Aude, les Pyrénées-Orientales et le Vaucluse, l’enjeu reste désormais double : restaurer la structure tout en tirant les enseignements techniques de cet épisode pour adapter les conceptions futures à des aléas climatiques de plus en plus intenses. Pour les vignerons, la priorité est plus pressante encore : pouvoir reprendre rapidement les travaux dans une parcelle où les jeunes ceps n’attendront pas la fin des procédures administratives.

Fin de la chronique
Journal du Vin