La crise viticole bouscule l’organisation des coopératives du Sud-Ouest, contraintes de repenser leurs structures pour préserver leur viabilité économique. Deux caves aquitaines viennent ainsi d’unir leurs forces pour pérenniser leurs activités, dans une opération qui pourrait préfigurer d’autres mouvements de consolidation à venir dans la région.
Le jeudi 26 février à onze heures, la cave La Girondaise, qui rassemblait vingt adhérents pour une production de 10 000 hectolitres à Gironde-sur-Dropt, a officiellement cessé son activité pour être absorbée par La Cave Les Marmandais, structure plus importante avec 78 adhérents et 720 hectares cultivés à Cocumont, dans le Lot-et-Garonne. Cette fusion absorption, votée en assemblée générale extraordinaire, prend rétroactivement effet au 1er septembre 2025, la production girondine ayant déjà rejoint celle de la cave voisine pour le millésime 2025.
Concrètement, le site de La Girondaise est appelé à fermer ses portes. Le bâtiment historique, qui datait de 1933, n’accueille plus de vendanges ni de vinifications depuis la dernière récolte. Il cessera également de conditionner, stocker et commercialiser ses vins en boutique. Les productions concernées, en IGP Atlantique, AOC Bordeaux, Bordeaux Supérieur et Graves, basculent désormais sous la responsabilité commerciale et technique de la coopérative lot-et-garonnaise.
Étudié pendant dix-huit mois, ce rapprochement répond à deux logiques complémentaires. La cave girondine, très présente sur le marché du vin en vrac, subissait de plein fouet l’effondrement des cours, désormais inférieurs aux coûts de production du vignoble. De son côté, La Cave Les Marmandais avait besoin de volumes supplémentaires pour absorber ses charges fixes, alors que les aléas climatiques, les arrachages et les arrêts d’activité réduisent les apports de ses adhérents et compliquent l’équilibre financier de la structure.
Chacun avait besoin de l’autre, résume Frédéric Costella, directeur général des Marmandais, rencontré à Wine Paris. Il rappelle que la cave girondine peinait à assurer une rémunération satisfaisante à ses adhérents, alors que la coopérative qu’il dirige est tributaire de la performance commerciale et des volumes apportés. Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de restructuration des outils coopératifs régionaux, et d’autres rapprochements similaires sont attendus dans les mois qui viennent, tant la crise viticole rebat les cartes des stratégies coopératives sur l’ensemble du grand Sud-Ouest.
