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La diversité intravariétale de la vigne : un vrai levier d’adaptation au réchauffement climatique

Face au réchauffement climatique, la viticulture dispose d'un atout encore largement sous-exploité : la diversité génétique au sein même de chaque cépage. Un levier d'adaptation puissant qui pourrait permettre de maintenir l'identité aromatique des grands vins français malgré l'évolution des…

Face au réchauffement climatique, la viticulture dispose d’un atout encore largement sous-exploité : la diversité génétique au sein même de chaque cépage. Un levier d’adaptation puissant qui pourrait permettre de maintenir l’identité aromatique des grands vins français malgré l’évolution des températures.

Le sujet a fait l’objet d’un colloque organisé en janvier par le pôle Val de Loire-Centre de l’IFV à l’occasion du Sival d’Angers. Le constat de départ est paradoxal : la France compte plus de 180 conservatoires pour 136 cépages, dans lesquels sont préservés plus de 20 000 génotypes différents. Pourtant, dans les vignes plantées, la diversité réelle est extrêmement limitée. Selon Étienne Neethling, enseignant-chercheur à l’École supérieure d’agriculture d’Angers, le chenin n’est planté qu’à 94 % avec seulement quatre clones, le cabernet franc à 83 % avec trois clones sur les trente-et-un agréés, le sauvignon blanc à plus de 80 % avec huit clones.

Vingt jours d’écart à la véraison

Les observations menées dans les conservatoires ligériens de chenin entre 1997 et 2024 sont éloquentes. Selon les génotypes, la véraison peut intervenir avec jusqu’à vingt jours d’écart entre les plus précoces et les plus tardifs. Des simulations climatiques ont permis à Étienne Neethling d’estimer que cette variabilité intra-cépage pourrait largement compenser les effets du réchauffement jusqu’à l’horizon 2050. Au-delà, et particulièrement pour des scénarios climatiques plus marqués, la capacité d’atténuation diminuerait.

Élargir la palette internationale

Pour les chercheurs, la solution passe aussi par l’ouverture aux clones étrangers. Des comparaisons menées entre clones français, portugais et sud-africains de chenin et de sauvignon ont révélé que les versions sud-africaines présentaient moins de sucre et plus d’acidité à maturité équivalente. Conséquence concrète : en 2024, des chenins sud-africains ainsi que des accessions venues d’Aveyron ont été intégrés au conservatoire ligérien de l’IFV.

En Gironde, la démarche est tout aussi active. Ronan Jehanno, responsable du matériel végétal à la Chambre d’agriculture, indique que seuls cinq clones de cabernet sauvignon sont actuellement distribués. Avec l’IFV, il prospecte les sélections clonales écartées il y a cinquante ans pour identifier d’éventuels clones tardifs alors jugés peu productifs, mais désormais précieux. Des travaux ont également repris sur le petit verdot.

Sélection clonale, sélection massale et NGT

Pour Anastasia Rocque, directrice du pôle Matériel végétal de l’IFV, l’enjeu n’est plus d’opposer sélection clonale et sélection massale, mais de les conjuguer. Les vignerons peuvent également planter en multi-clonal, pratique encore rare. En parallèle, l’IFV, l’INRAE et les Pépinières Mercier explorent les nouvelles techniques génomiques, qui permettent des mutations ciblées sur l’ADN de la vigne. Une voie prometteuse, mais qui soulève encore d’importantes questions réglementaires et sociétales avant un éventuel déploiement à grande échelle.

Fin de la chronique
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