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Pour des vins sans alcool IGP : « il faut être sur tous les créneaux de consommation. Mais pas sous n’importe quelles conditions. »

La question des vins sans alcool agite aujourd'hui l'ensemble de la filière française, et particulièrement le segment des Indications Géographiques Protégées. Pour les vins IGP, longtemps positionnés sur des cuvées accessibles et créatives, l'enjeu est stratégique : ouvrir le champ…

La question des vins sans alcool agite aujourd’hui l’ensemble de la filière française, et particulièrement le segment des Indications Géographiques Protégées. Pour les vins IGP, longtemps positionnés sur des cuvées accessibles et créatives, l’enjeu est stratégique : ouvrir le champ des produits possibles afin de capter de nouveaux consommateurs et restaurer la performance économique d’une filière sous tension.

Gérard Bancillon, président de la Fédération des vins à Indication Géographique Protégée, défend une vision pragmatique. Selon lui, l’objectif est d’« avoir les produits les plus adaptés au marché et retrouver de la performance économique le plus rapidement possible ». La désalcoolisation totale, jusqu’à 0 % d’alcool, fait partie des pistes explorées, notamment pour répondre à la demande croissante de consommateurs qui souhaitent une alternative sans alcool tout en conservant l’identité aromatique d’un vin.

Aujourd’hui, le cadre réglementaire reste contraignant. Au sein de l’INAO, les travaux ont porté sur les vins partiellement désalcoolisés, dits « low », chaque Organisme de Défense et de Gestion (ODG) pouvant décider d’autoriser ou non la descente du degré alcoolique jusqu’à 6,5 °. Pour le 0 %, en revanche, l’expérimentation est plafonnée à 0,5 % d’alcool résiduel. Or les opérateurs sont clairs : c’est zéro ou rien, car le marché cible — femmes enceintes, consommateurs s’abstenant pour des raisons religieuses ou de santé — exige une garantie totale.

Au-delà du dossier désalcoolisation, la filière IGP s’investit également dans la défense de l’usage du cuivre contre le mildiou. Après les restrictions d’autorisation décidées par l’ANSES, l’ensemble des organisations viticoles, qu’elles soient bio ou conventionnelles, s’est mobilisé pour préserver un maximum de produits disponibles. « Toute la profession utilise du cuivre », rappelle Gérard Bancillon, soulignant l’importance économique de conserver cette solution éprouvée.

Plus largement, la fédération travaille sur un socle commun de durabilité, des simplifications réglementaires et le développement des cépages résistants, qui permettent de réduire significativement l’usage des intrants. Les adhérents demandent des résultats concrets, et les responsables nationaux assument leur rôle de force de proposition.

Reste que la prudence s’impose : ouvrir la voie au sans alcool ne doit pas se faire à n’importe quelles conditions. Préserver l’image qualitative des vins IGP, garantir une traçabilité irréprochable et défendre la rémunération des producteurs sont autant de garde-fous indispensables. C’est l’équilibre délicat entre innovation et identité que la filière doit aujourd’hui réussir à tenir.

Fin de la chronique
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