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« Si on pèse moins de 55 kg, le tracteur ne démarre pas » Ces vigneronnes dénoncent des machines inadaptées à leur gabarit

Des viticultrices alertent sur les difficultés rencontrées avec les tracteurs modernes, dont les systèmes de sécurité électroniques sont calibrés pour des gabarits masculins standards. Une question d'ergonomie et de sécurité qui interpelle les constructeurs. Tout commence par un geste devenu…

Des viticultrices alertent sur les difficultés rencontrées avec les tracteurs modernes, dont les systèmes de sécurité électroniques sont calibrés pour des gabarits masculins standards. Une question d’ergonomie et de sécurité qui interpelle les constructeurs.

Tout commence par un geste devenu familier pour Lucie Rousseau-Waldmann, responsable qualité et production des Vignobles Rousseau, exploitation girondine de 62 hectares à Abzac. Quand elle s’installe sur le siège de son tracteur, ce dernier refuse de démarrer. Pour y parvenir, elle doit pousser une main contre le plafond de la cabine afin d’enfoncer suffisamment l’assise. Une vidéo postée sur le groupe Facebook « Matériel et viticulture » a rapidement révélé que sa situation est partagée par de nombreuses collègues.

Un capteur de poids inadapté

L’origine du problème tient à un capteur électronique intégré aux sièges modernes, censé détecter la présence du conducteur pour activer les fonctions de sécurité. Sous la barre des 50 à 55 kilos, ce dispositif ne détecte plus la présence du chauffeur. Pesant 42 kilos, Lucie Rousseau-Waldmann se retrouve régulièrement bloquée : son Deutz 5100 refuse de démarrer ou la prise de force s’interrompt au moindre soubresaut du terrain pendant les traitements. Conséquence : un travail haché, fait de marches arrière répétitives et d’un stress permanent face à la peur de manquer une zone du vignoble.

Anne-Marie Vaudon Tardif, cogérante d’un vignoble de 65 hectares en Charente, confirme : le phénomène est apparu avec la généralisation des sièges électroniques et concerne plusieurs marques. Avec un groupe de viticultrices, elles ont comparé leurs constructeurs et constaté que le seuil critique avoisinait systématiquement les 55 à 60 kilos.

Des contournements artisanaux

Faute de réponse satisfaisante des fabricants — l’un d’eux suggérait simplement de désactiver le système de sécurité — les viticultrices développent leurs propres parades. Lester le siège avec un sac de talc, démonter l’assise pour comprendre le mécanisme, démarrer à plusieurs en appuyant simultanément contre le plafond : les bricolages se multiplient. Le problème touche également les hommes de petit gabarit, mais reste largement sous-évoqué.

Une question d’ergonomie plus large

Au-delà du capteur de poids, c’est toute la conception du matériel viticole qui interroge. Anne-Marie Vaudon Tardif, du haut de son 1,60 mètre, se met régulièrement en danger en escaladant les panneaux d’un pulvérisateur pour déboucher une buse. Charlotte Savary Fulda, vigneronne dans le Maine-et-Loire, a même renoncé au travail du sol faute de pouvoir régler manuellement ses outils avec aisance. Toutes invitent les constructeurs à concevoir leurs machines en pensant à l’ensemble des morphologies, hommes comme femmes, pour des conditions de travail réellement adaptées à la diversité de la profession.

Fin de la chronique
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