Dans la pharmacie de la vigne, certaines molécules ne se démodent pas. Le fosétyl-aluminium, commercialisé depuis des décennies, conserve une place privilégiée dans la panoplie des viticulteurs français pour lutter contre le mildiou. Son efficacité, son coût raisonnable et l’absence de risque de résistance en font un classique incontournable du printemps viticole.
Une fidélité de longue date. Pour Fabien Garcia, vigneron à Montbrun-des-Corbières dans l’Aude, le constat est sans appel : « J’utilise du fosétyl depuis des années contre le mildiou. Cette substance suit la pousse de la vigne. Elle renforce l’efficacité du cuivre avec lequel je l’applique. » Même son de cloche chez Pascal Pelissou, qui pratique son métier à Brens dans le Tarn et utilise le Mikal Flash (associant fosétyl et folpel) chaque année depuis trente ans. La complémentarité avec les antimildious de contact, qu’il s’agisse du cuivre ou du folpel, fait de cette molécule un partenaire fiable.
Une protection systémique précieuse. À Puilacher dans l’Hérault, Pascal Marié exploite 70 hectares et alterne deux produits : Mikal Flash et Profiler (fosétyl + fluopicolide). « Grâce à eux, j’obtiens une protection robuste et systémique en début de saison. J’assure ma récolte », témoigne-t-il. Le caractère systémique du fosétyl, qui circule dans la plante, constitue un atout face aux pluies printanières qui lessivent les produits de contact. La firme Bayer, qui commercialise plusieurs fongicides contenant cette molécule, explique le double mode d’action : stimulation des défenses naturelles de la vigne pour la préparer à réagir au mildiou, et effet direct de l’aluminium sur la germination des spores et la croissance du mycélium.
Une efficacité cumulative. Fabien Garcia souligne une caractéristique intéressante : plus on utilise le fosétyl, plus son effet se renforce, sa protection étant cumulative au fil des applications. Cette logique pousse les viticulteurs à intégrer la molécule très tôt dans leur programme de protection. Pascal Pelissou réalise ses trois premiers traitements avec Mikal Flash en commençant à 30 % de la dose homologuée, puis en montant progressivement jusqu’à 80 % et 100 % à la floraison. En 2025, malgré une pression mildiou marquée, il n’a constaté aucun problème.
Un excellent rapport qualité-prix. Au-delà de son efficacité, le fosétyl séduit par son coût modéré : le Mikal Flash revient à moins de 50 euros à l’hectare, soit nettement moins que de nombreuses spécialités récentes. Le produit peut être pulvérisé jusqu’à six fois par an sur les raisins de cuve, avec une zone non traitée de 20 mètres pour l’eau. Une marge de manœuvre appréciée par les vignerons qui doivent composer avec une météo capricieuse et une réglementation phytosanitaire de plus en plus contraignante. La modulation des doses, pratiquée par les utilisateurs expérimentés, optimise encore le rapport efficacité-coût-environnement.