Cette cave coopérative vise 500 000 € dans les cosmétiques viticoles et met 15 % de ses raisins en ketchup « payés trois fois plus cher que les IGP »

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La Coopérative agricole Provence-Languedoc, plus connue sous le sigle CAPL, poursuit une stratégie de diversification audacieuse autour des coproduits du raisin. Au Salon international de l’agriculture, la structure basée à Avignon a dévoilé une nouvelle gamme de quatre produits cosmétiques baptisée Vaporis Angelica. Cette initiative s’inscrit dans une logique de valorisation intégrale du raisin, après le succès remarqué du ketchup à base de moût, lancé il y a quelques années.

Le nom Vaporis Angelica, choisi par la coopérative, fait référence à la part des anges, cette portion qui s’évapore naturellement lors de l’élevage. Patrice Florentin, directeur général de la CAPL, souligne la cohérence de cette démarche : exploiter chaque ressource, y compris ce que l’œnologie considère habituellement comme perdu. La gamme se compose d’une brume nettoyante pour le visage, d’une crème protectrice, d’un sérum éclat et d’une huile sublimatrice, présentées dans des contenants brun et doré au design soigné.

Les actifs proviennent d’extraits de peaux et de pépins de raisin, mais aussi de coproduits issus de la tomate, autre filière dans laquelle la CAPL est active. Ces deux matières premières offrent des bénéfices complémentaires : les extraits de raisin présentent un effet anti-âge reconnu, tandis que les composants de la tomate apportent des propriétés anti-inflammatoires et anti-rougeurs. La coopérative revendique une concentration en principes actifs quatre fois supérieure à celle d’une crème classique du marché, un argument différenciant sur le segment cosmétique.

Côté distribution, la nouvelle gamme est commercialisée exclusivement dans les caveaux de vente de la CAPL et sur le site internet dédié à la marque Vaporis Angelica. Cette stratégie de distribution restreinte permet de préserver le positionnement haut de gamme et la rentabilité du projet, tout en bénéficiant directement à la coopérative. Pendant la durée du salon, les acheteurs profitent d’une remise de 15 % sur les références mises en avant.

Au-delà de la cosmétique grand public, la CAPL exploite quatre autres coproduits du raisin destinés à l’industrie cosmétique, via la société Phénix en Provence, dont elle détient la moitié du capital. On y trouve une eau issue de la concentration des moûts, une cire extraite de la pruine des baies, une huile de pépins de raisin et un principe actif spécifiquement étudié pour fortifier et défriser les cheveux. L’eau de moût est vendue à prix d’or aux marques cosmétiques souhaitant proposer des produits 100 % végétaux. Au total, ces diversifications visent un chiffre d’affaires de 500 000 euros, complétant une stratégie globale où 15 % des raisins sont aussi transformés en ketchup, valorisés trois fois plus cher qu’en IGP.

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