Crise viticole : 28 000 hectares de vignes bientôt arrachés en France

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Près de 28 000 hectares de vignes vont disparaître du paysage viticole français dans les mois qui viennent. Les chiffres du dernier plan d’arrachage témoignent de l’ampleur de la crise traversée par la filière.

Au total, 5 824 dossiers ont été déposés par les viticulteurs candidats à l’arrachage. Selon Jérôme Despey, qui s’est exprimé auprès de l’AFP, la « grande majorité » des demandes émane du Sud-Ouest et de l’Occitanie, en particulier de la Gironde, de l’Aude, du Gard, de l’Hérault, des Pyrénées-Orientales et du Gers. Sans surprise, ce sont essentiellement des cépages destinés au vin rouge qui sont concernés, conséquence directe d’une demande en berne.

Sortie de métier ou réorientation

Sur les 27 929 hectares concernés, 37 % feront l’objet d’un arrachage total, synonyme de cessation d’activité pour les vignerons concernés. Les 63 % restants relèvent d’un arrachage partiel, qui suppose d’enlever des parcelles d’au moins dix ans tout en maintenant l’exploitation, afin de la réorienter vers des productions mieux adaptées au marché. Les chiffres restent provisoires et devront être consolidés à l’issue des vérifications dossier par dossier.

Annoncée fin 2025, l’enveloppe budgétaire de 130 millions d’euros, qui prévoit une aide forfaitaire de 4 000 euros par hectare, devrait être respectée puisque le volume de demandes correspond aux anticipations gouvernementales. Pour Jérôme Despey, le constat est doux-amer : une partie de la profession « n’en pouvait plus » sur le plan économique et arrache l’intégralité de son outil, un déchirement humain accompagné par le dispositif de sortie. À l’inverse, près des deux tiers des dossiers visent une adaptation : renoncer aux vignes inadaptées au marché pour préserver l’avenir de l’exploitation.

Les viticulteurs ont jusqu’au 31 décembre pour procéder à l’arrachage. Cette nouvelle saignée illustre une crise structurelle complexe, alimentée à la fois par le dérèglement climatique et par les évolutions de consommation, marquées par un net recul de l’appétence pour les vins rouges. À Bruxelles, États et députés européens ont récemment validé un plan de soutien à la filière, élargissant les possibilités d’arrachage et encourageant l’essor des vins sans alcool. Un précédent dispositif national, doté de 110 millions d’euros, avait déjà été mis en œuvre en 2024.

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