Un an après la grande consultation lancée par le ministère de l’Agriculture sur la place des femmes dans le monde agricole, une feuille de route officielle vient d’être dévoilée, dans laquelle la filière viticole occupe une place de premier plan. L’objectif est clair : passer d’un constat largement documenté à des ajustements concrets, capables de transformer durablement le quotidien des agricultrices et des vigneronnes.
La consultation menée par le ministère avait permis de mettre des mots, des chiffres et des faits sur des réalités déjà bien connues dans le vignoble. Difficultés d’installation, reconnaissance fragile de la légitimité technique, accès inégal aux responsabilités, contraintes physiques et matérielles spécifiques : autant de freins identifiés. Le sexisme dépassait largement les seuls comportements et s’incarnait également dans l’organisation du travail, voire dans la conception même des outils utilisés au quotidien.
Présenté en février 2026 à l’occasion du Salon de l’Agriculture, le plan d’action pour favoriser la place des femmes structure désormais cette prise de conscience en 41 mesures déclinées en six axes. Parmi les volets les plus attendus figure la question des conditions de travail. Le plan reconnaît explicitement que le matériel agricole, y compris viticole, n’est pas toujours pensé pour les morphologies féminines : postes de conduite, commandes, outils portatifs et équipements de protection individuelle ont été conçus pour des standards masculins.
Pour y remédier, une enquête nationale sera lancée auprès des agricultrices, une sensibilisation des constructeurs sera engagée et un travail au niveau européen visera à intégrer davantage l’ergonomie féminine dans les normes des machines. Pour la viticulture, l’enjeu dépasse le simple confort. Il touche directement à la sécurité, à la prévention des troubles musculo-squelettiques et à la durabilité des carrières. Les transformations industrielles s’inscrivent toutefois dans un temps long.
Au-delà du machinisme, le plan renforce l’information sur les droits liés à la maternité, adapte les dispositifs de remplacement durant les congés et accompagne les transitions de statut, en particulier la sortie du seul statut de conjointe collaboratrice. Sur le volet de l’installation et de l’accès aux responsabilités, le texte insiste sur le défi du renouvellement massif des exploitations attendu dans les années à venir. Sensibilisation des conseillers, mobilisation des banques, création de réseaux de mentorat : autant de leviers visant à réduire les freins identifiés et à favoriser une féminisation effective des métiers de la vigne et du vin, dans une logique d’égalité durable et concrète.
