Dans un marché du vin sous pression, certaines marques tirent leur épingle du jeu. C’est le cas de Miss Anaïs, marque vedette de Chantovent, qui poursuit sa progression spectaculaire et s’étend désormais à l’effervescent. Une success story qui sert de tremplin au renouveau d’un acteur historique du Languedoc.
Une marque qui dépasse les attentes. Lancée en 2019 avec une cuvée rosée destinée à la grande distribution, Miss Anaïs a connu une trajectoire fulgurante. Selon Bastien Soulères, président du directoire de Chantovent qui a pris ses fonctions fin 2025, la marque a encore progressé de 40 % en 2025, pour atteindre 2,5 millions d’équivalents bouteilles. Soit le quart des 10 millions de cols conditionnés chaque année par l’entreprise, basée à Bonnières-sur-Seine dans les Yvelines.
La gamme s’est progressivement étoffée : au rosé initial sont venus s’ajouter un blanc IGP Pays d’Oc, un blanc Côtes de Gascogne et un gris IGP Pays d’Oc. À l’occasion du salon Wine Paris 2026, Chantovent lance désormais un effervescent blanc de blancs en Vin de France Chardonnay, dans le but de consolider et pérenniser cette dynamique.
Une signature accessible. Miss Anaïs cible le segment de la grande distribution avec un positionnement prix calibré : 5,90 euros en vins tranquilles et 7,90 euros pour l’effervescent. La marque réalise 80 % de son chiffre d’affaires en grande distribution française, avec une progression remarquable du conditionnement en BIB (+50 %), témoignant de l’évolution des modes de consommation domestiques.
Une stratégie de marque assumée. Au-delà de Miss Anaïs, Chantovent gère un portefeuille riche d’une cinquantaine de références (Chantarel, La Payse, Chemin des Lions, J.A. by Jean d’Alibert…) pour un chiffre d’affaires avoisinant les 20 millions d’euros. Créée dans les années 1950 près de Paris, l’entreprise est aujourd’hui la filiale de conditionnement et de mise en marché du groupe coopératif Jean d’Alibert et de l’union des producteurs du Haut-Minervois.
Le nouveau dirigeant veut désormais structurer la croissance en réfléchissant à des vins dédiés à des « instants de consommation » spécifiques. Cette approche segmentée, devenue classique en grande consommation, permet de répondre aux attentes différenciées des consommateurs en fonction des moments (apéritif, repas, occasion spéciale).
Retour à l’export. Avant la pandémie, Chantovent était bien implanté sur le marché chinois, mais la crise sanitaire a brutalement interrompu cette dynamique. La maison travaille désormais sur les pays asiatiques satellites pour réactiver le levier export. À la clé, une diversification géographique nécessaire pour résister aux soubresauts du marché national.