Les performances exceptionnelles des vins italiens à l’international ne sauraient se résumer au seul phénomène Prosecco, selon le ministère italien de l’Agriculture. À l’occasion du dernier salon Wine Paris, organisé du 9 au 11 février 2026, la péninsule a déployé un dispositif impressionnant avec 1 350 stands répartis sur 12 000 mètres carrés. Le ministre de l’Agriculture Francesco Lollobrigida a même tenu à inaugurer en personne cette présence, accompagné de l’ambassadrice d’Italie en France Emanuela D’Alessandro et du président de l’Agence italienne pour le commerce extérieur Matteo Zoppas.
Alors que la viticulture française envisage de nouveaux arrachages et des opérations de distillation pour réduire la surproduction, la performance italienne intrigue. Le voisin transalpin exporte en effet deux fois plus de vin en volume que la France. Faut-il y voir le seul effet du succès mondial du Prosecco, devenu emblématique de l’apéritif décontracté ? La réponse, donnée par le cabinet du ministre Lollobrigida, est plus nuancée.
Le succès des exportations italiennes ne repose pas sur un unique facteur. Il découle d’une stratégie de long terme, multidimensionnelle, patiemment construite pendant des décennies. Si le Prosecco a indéniablement contribué à renforcer la visibilité de l’Italie à l’étranger, il n’est pas le seul moteur de la croissance. Il est porté par une multitude d’autres appellations et de régions, chacune apportant sa contribution au volume global d’exportation, grâce à une image de qualité solidement bâtie au fil du temps.
Le ministère insiste sur la richesse du portefeuille proposé au marché international. L’Italie a su offrir un éventail capable de répondre à des segments très divers : marques ultra-haut de gamme, vins accessibles de grande qualité, rouges prestigieux, blancs vifs et vins effervescents. Cet équilibre entre tradition, innovation et réactivité commerciale constitue selon les autorités italiennes un élément déterminant de la réussite à l’exportation.
Pour les responsables transalpins, la clé réside aussi dans la capacité à s’adapter aux attentes mouvantes des consommateurs, sans renier l’identité des terroirs. Les vignerons et négociants italiens ont su moderniser leurs outils commerciaux, investir dans le marketing et soigner leur image internationale, tout en préservant la diversité de leurs régions viticoles. Cette pluralité d’offres et de prix, combinée à un travail constant sur la qualité, explique selon eux pourquoi l’Italie occupe aujourd’hui une position de leader mondial à l’export, indépendamment de la dynamique du Prosecco.