L’Espagne aide à la vendange en vert en 2026 : 16 millions € pour « alléger la pression sur les stocks de vins »

105

L’Espagne fait le choix de la vendange en vert plutôt que de l’arrachage pour gérer la pression sur ses stocks viticoles. Pour la quatrième année consécutive, le ministère espagnol de l’Agriculture active ce mécanisme de régulation de la production, avec une enveloppe de 16 millions d’euros destinée à la campagne 2026-2027.

Une mesure ciblée. Publiée le 26 février 2026, la résolution ministérielle répond à la demande de six communautés autonomes, dont la Catalogne, la Rioja et la Communauté valencienne. L’objectif est explicite : « alléger la pression sur certaines régions viticoles qui détiennent d’importants stocks de vins, en permettant d’adapter la récolte 2026 aux capacités de stockage et de commercialisation de la campagne suivante ». Concrètement, la mesure encourage les viticulteurs à éliminer une partie de leurs grappes avant maturité, pour limiter le volume de vendange et alléger ainsi la pression sur le marché.

Les viticulteurs candidats devront déposer leur demande avant le 30 avril, pour des vendanges en vert effectuées avant le 15 juillet 2026. La période d’inscription est donc resserrée, ce qui exige une mobilisation rapide des exploitants intéressés.

Un budget jugé insuffisant. La dotation de 15,9 millions d’euros marque un recul significatif par rapport aux exercices précédents : 19,2 millions en 2025, 21,4 millions en 2024 (contre 13,37 millions en 2023). Cette baisse intervient dans un contexte de crise aggravée pour le secteur viticole espagnol, confronté à la chute de la consommation domestique, à la hausse des coûts de production et aux turbulences géopolitiques qui perturbent l’export.

Lors d’une réunion tenue le 23 février, le ministère régional de l’Agriculture de la Rioja a qualifié cette dotation de « clairement insuffisante ». Selon les estimations locales, le besoin réel pour cette seule région pourrait atteindre jusqu’à 85 % du budget national actuellement prévu, ce qui illustre l’ampleur du déséquilibre entre l’enveloppe disponible et les attentes du terrain.

Des pistes de financement alternatives. Face à ce décalage, les autorités riojanes proposent d’explorer d’autres sources de financement déjà autorisées par la réglementation européenne. Une option avancée serait de redéployer une partie de l’excédent budgétaire prévu pour les activités de promotion dans les pays tiers, annoncé lors de la Conférence sectorielle du 20 janvier, au profit de la vendange en vert.

Le débat illustre les arbitrages complexes auxquels sont confrontés les pays producteurs européens. Plutôt que de réduire durablement les surfaces plantées via l’arrachage (option privilégiée par la France), l’Espagne mise sur une régulation conjoncturelle qui préserve l’outil productif pour l’avenir, en pariant sur un rebond futur de la consommation. Une stratégie défensive mais réversible.

· · · ·

Autres articles autour du vin