Méthodique, patient, grande capacité d’adaptation, le meilleur apprenti mécano de France impressionne

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Méthodique, patient et doté d’une grande capacité d’adaptation, Louis Gillot, dix-neuf ans, a su gagner le titre envié de meilleur apprenti de France dans la spécialité mécanique viticole. Médaille d’or nationale au concours du MAF, ce jeune apprenti en bac professionnel exerce désormais ses talents dans l’atelier de l’agence Faupin, à Chassagne-Montrachet, au cœur de la Côte-d’Or.

L’atmosphère de l’atelier reflète la culture du métier : silence concentré, planification rigoureuse et exigence à chaque étape. Dès l’aube, Louis Gillot consulte la fiche d’intervention que lui a préparée la veille son responsable, Emmanuel Mignot. Ce document, qui détaille les attentes du client, sert de boussole. « Cette fiche apporte rigueur et méthode », souligne le chef d’agence, attaché à transmettre à ses apprentis cette discipline indispensable.

Ce matin-là, l’enjeu est de taille : transformer un enjambeur Bobard 809 pour permettre l’application précise d’engrais liquide à raison de 200 l/ha, un débit peu courant qui demande un montage fin. Le jeune mécanicien doit installer des descentes spécifiques sur les coutres des sous-soleuses montées sur les lève-traces, en partant d’une rampe pulvérisation à six descentes qu’il faut adapter.

Guidé par Guillaume Rico, mécanicien itinérant, Louis travaille méthodiquement. Le choix des pastilles est crucial : « 12, ce n’est pas bon. Il faut des pastilles de 10 », tranche son aîné. Le jeune homme démonte les deux descentes centrales, prépare le nouveau circuit, pose les filtres antigoutte, calcule la longueur des tuyaux en tenant compte du jeu nécessaire lorsque l’outil travaille en terre. Une astuce maison — faire passer les tuyaux dans un collier RGU pour éviter qu’ils ne s’accrochent — porte d’ailleurs sa signature.

Au-delà de la compétence technique, Louis impressionne par sa capacité d’adaptation. Victime d’un grave accident, il conserve des séquelles à une jambe : impossible pour lui de s’agenouiller longuement ou de travailler allongé sous les machines. Qu’à cela ne tienne : il utilise un petit siège pour se glisser sous les enjambeurs et sollicite ses collègues quand c’est nécessaire. Une posture lucide et déterminée qui force le respect dans l’atelier.

Le contrôle visuel final, supervisé par un technicien expérimenté, valide la qualité du travail. Pour le vignoble bourguignon, qui peine à recruter, voir émerger de tels profils est une vraie bonne nouvelle. Louis Gillot incarne cette nouvelle génération de mécaniciens viticoles, à la fois techniques, polyvalents et capables de se réinventer face à l’imprévu.

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