Mieux vaut arracher que s’attacher aux vieilles vignes coûtant plus qu’elles ne rapportent. Parole de grand cru : « le levier d’action, c’est un rendement confortable pour avoir un résultat économique »

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Face aux difficultés économiques persistantes du vignoble bordelais, le mécénat de compétences Vigneron AVenir offre une bouffée d’oxygène aux exploitations souhaitant prendre du recul sur leur stratégie. Porté collectivement par quatre prestigieux crus, Cheval Blanc à Saint-Émilion, Lafite Rothschild à Pauillac, Petrus à Pomerol et Yquem à Sauternes, ce programme est à nouveau ouvert aux candidatures jusqu’au dimanche 15 mars.

L’objectif est de permettre à des domaines bordelais confrontés au quotidien d’exploitation de bénéficier de l’expertise et du regard extérieur d’un grand cru. Cette démarche s’inscrit dans la durée et vise à aider les candidats retenus à se fixer un cap clair, à structurer leurs choix techniques et à repartir sur des bases plus solides, même avec des moyens limités. Parmi les leviers explorés figure la restructuration des parcelles anciennes, dont la qualité n’est plus à démontrer, mais dont la productivité trop faible compromet l’équilibre économique de l’exploitation.

Guillaume Pouvaret, vigneron à la tête du château Grand Maison, en Côtes de Bourg, fait partie de la promotion pilote 2025 du dispositif. Conduisant cinq hectares de vignes en agriculture biologique, il a été accompagné par les équipes de Cheval Blanc. Pour lui, l’intérêt commence dès l’étape de candidature : remplir le dossier, parfois jugé long et exigeant, oblige déjà à se poser, à prendre du recul et à dresser un état des lieux objectif de la propriété.

L’idée centrale, résume le vigneron, consiste à accepter de faire une pause dans le tourbillon quotidien : suivi de la vigne, travail au chai, préparation des commandes, gestion administrative. Disposer de moments fixes pour échanger avec des intervenants extérieurs offre des repères structurants. Même si les équipes des grands crus évoluent dans une réalité économique très différente, elles connaissent les défis qui pèsent sur les domaines plus modestes et savent adapter leur accompagnement.

Dans un Bordeaux frappé par une crise sans précédent, où arrachages et restructurations s’imposent à de nombreuses propriétés, la conviction des vignerons accompagnés rejoint celle des grands crus : mieux vaut arracher des vieilles vignes peu rentables que de s’y accrocher au prix de l’équilibre financier. Le rendement maîtrisé reste le levier prioritaire pour préserver à la fois la qualité et la pérennité économique des exploitations bordelaises.

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