"Notre terroir a une typicité", après plus de trente années d'attente, ce petit village obtient une appellation d'origine contrôlée pour son vin et son vignoble

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Après plus de trente années d’attente, les vignerons de Montpeyroux, dans l’Hérault, viennent enfin d’obtenir la reconnaissance officielle qu’ils espéraient : une appellation d’origine contrôlée (AOC) qui consacre la singularité de leur terroir. Située au pied des grands causses calcaires du Larzac, cette petite commune d’à peine 1 400 habitants compte une vingtaine de viticulteurs, dont le savoir-faire est désormais reconnu au plus haut niveau de la hiérarchie viticole française.

L’histoire de cette reconnaissance remonte à 1990, date de la première réunion organisée entre vignerons pour évoquer la question de l’AOC. À cette époque, Montpeyroux était classé comme « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS), au même titre que quatorze autres villages héraultais. La basculer vers une appellation d’origine contrôlée, statut historique créé dans les années 1930, représentait alors un objectif ambitieux, synonyme de montée en gamme et de reconnaissance qualitative.

Trente-cinq ans plus tard, le combat a porté ses fruits. « Une concrétisation de la particularité de nos terres », se réjouit Sylvain Fadat, l’un des pionniers de cette démarche. « Je suis convaincu de la particularité de nos sols. Cette terre bénéficie de la fraîcheur du Larzac. Notre terroir a une typicité. » Une expression qui résume bien la singularité d’un site viticole peu commun, à mi-chemin entre la garrigue méditerranéenne et l’air vif des hauteurs caussenardes.

La délimitation de la nouvelle appellation respecte une logique de continuité géologique. Outre Montpeyroux, elle inclut en partie les communes voisines d’Arboras, Saint-Jean-de-Fos et le nord de Saint-André-de-Sangonis. Cette assise géographique cohérente garantit une expression homogène du terroir, condition essentielle pour bâtir une identité d’appellation lisible auprès des consommateurs et des sommeliers.

Le cahier des charges impose des règles strictes, comme c’est le cas dans toutes les AOC françaises. Les vignerons doivent assembler au moins trois cépages parmi la syrah, le grenache, le carignan ou le mourvèdre, sans qu’aucun ne dépasse 70 % de la composition finale. Une exigence de complexité qui correspond à la pratique déjà adoptée par la plupart des producteurs locaux, attachés à la diversité des cuvées et à la finesse des assemblages.

Montpeyroux rejoint ainsi le cercle des appellations communales du Languedoc, aux côtés de noms reconnus comme Saint-Chinian, Faugères, Pic-Saint-Loup ou La Clape. Cette inscription dans le paysage des appellations identitaires devrait permettre aux vignerons d’envisager plus sereinement l’export, en bénéficiant du rayonnement croissant des vins du Languedoc auprès de la clientèle internationale.

Au-delà du gain commercial attendu, c’est tout un territoire qui se voit valorisé. La reconnaissance officielle d’une AOC marque l’aboutissement d’un travail collectif patient, mené avec rigueur par des générations de vignerons attachés à leur terre. Une belle victoire, qui inspire d’autres villages héraultais en quête d’une identité plus affirmée.

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