L’Entre-deux-Mers redouble d’efforts pour faire rayonner son territoire à travers une programmation œnotouristique étoffée. Avec douze événements prévus en 2026, deux de plus que l’an passé, l’appellation entend tirer son épingle du jeu malgré la crise viticole.
Souvent éclipsée par ses voisines plus médiatiques que sont le Médoc ou Saint-Émilion, la région de l’Entre-deux-Mers travaille pourtant ses atouts avec opiniâtreté. Située entre Garonne et Dordogne, elle dispose d’un capital paysager et patrimonial unique : abbayes médiévales, bastides, moulins fortifiés, châteaux de pierre blonde s’égrènent au fil de routes vallonnées qui en font l’un des territoires les plus charmants du Bordelais.
Une solidarité structurelle
Pour Christophe Miqueu, vice-président d’Entre-deux-Mers Tourisme, l’organisme rattaché à l’appellation, c’est précisément cette capacité à s’unir qui fait la singularité de la région. La crise viticole touche durement les producteurs locaux, mais elle n’a pas entamé la cohésion entre les structures œnotouristiques, les châteaux, les offices municipaux et les associations. Cette solidarité quasi structurelle se traduit par une programmation collective ambitieuse, qui mêle dégustations dans les vignobles, marchés gourmands, randonnées thématiques, visites patrimoniales et événements festifs.
Diversification et patrimoine
L’enjeu, dans le contexte actuel, est double. Il s’agit d’une part de répondre aux nouvelles attentes des visiteurs, qui plébiscitent les expériences immersives, le slow tourisme et les rencontres directes avec les producteurs. Il s’agit d’autre part de valoriser un patrimoine bâti et naturel exceptionnel, capable de séduire une clientèle qui ne vient pas que pour le vin. La présence de plusieurs cours d’eau, dont la Dordogne et la Garonne, favorise les activités fluviales et nautiques, tandis que la véloroute « Canal des 2 Mers à Vélo » apporte un flux régulier de cyclotouristes en quête d’étapes gourmandes.
Un positionnement à consolider
L’Entre-deux-Mers compte plusieurs appellations distinctes — Entre-deux-Mers, Bordeaux, Bordeaux Supérieur, Cadillac, Loupiac, Sainte-Croix-du-Mont et Sainte-Foy-Bordeaux — qui offrent une palette de styles allant des blancs secs aromatiques aux liquoreux confidentiels. Pour redonner du dynamisme à la commercialisation, l’œnotourisme s’impose comme un levier stratégique. Chaque visiteur conquis devient un ambassadeur potentiel auprès de son entourage, multipliant les retombées indirectes sur les ventes en ligne et en circuits courts.
Pour les acteurs locaux, la voie est claire : capitaliser sur l’authenticité, l’accessibilité tarifaire et la diversité d’offre du territoire pour s’inscrire durablement dans une clientèle française et internationale en quête d’authenticité.