Face à la menace persistante de la flavescence dorée, le vignoble bourguignon continue d’innover dans ses méthodes de détection. Cette maladie, due à un phytoplasme transmis par la cicadelle Scaphoideus titanus, peut décimer un parcellaire en quelques années. Pour la contenir, la Bourgogne s’appuie sur une combinaison de prospections collectives, individuelles et d’outils technologiques en plein développement.
En 2025, une prospection précoce a été déployée dans une quinzaine de communes bourguignonnes, en particulier là où des foyers avaient été récemment identifiés. « Ces prospections ont lieu en juillet, car à ce moment il est plus probable que les jaunisses soient de la flavescence dorée », précise Charlotte Huber, directrice technique de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne. Après prélèvement, la partie végétative du cep est coupée pour limiter la diffusion en cours de saison.
En parallèle, la prospection individuelle a été élargie à une dizaine de communes, principalement dans le Mâconnais, secteur historiquement concerné. Cette méthode laisse aux vignerons trois semaines en fin de saison pour repérer eux-mêmes les ceps symptomatiques, les marquer et transmettre leurs cartes à la Fredon. Plus souple pour les exploitants, elle représente cependant un investissement administratif important pour les structures techniques.
Côté innovations, le projet Flav’tech, porté par la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire, ouvre de nouvelles perspectives. Une application mobile, simple d’utilisation et fonctionnant hors ligne, doit permettre aux vignerons de géolocaliser les ceps symptomatiques pendant leurs prospections. Testée avec succès en 2025 sur deux communes, elle remplacera l’outil Vigie Bourgogne dont les premiers retours n’avaient pas convaincu.
Au-delà de l’application, une cartographie informatisée commune est en cours d’élaboration, partagée entre le Service régional de l’alimentation, la Fredon, la CAVB et les vignerons pour leurs propres parcelles. Cette centralisation vise à fluidifier l’échange d’informations et à accélérer la réactivité face aux foyers émergents.
Plus prospectif encore, un système de capteur embarqué sur tracteur est en cours de développement pour automatiser, à terme, la détection des symptômes. Un projet ambitieux confié à une étudiante de l’université de Dijon, et dont les résultats pourraient se transposer à l’ensemble du vignoble bourguignon, voire à d’autres régions confrontées à la même problématique.
Cette combinaison de prospection humaine et d’outils numériques illustre la stratégie multidimensionnelle adoptée pour endiguer la maladie. Préserver le patrimoine viticole bourguignon exige de mobiliser toutes les ressources disponibles, du terrain aux dernières avancées technologiques.