Reconduit à la présidence de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) lors du dernier Salon de l’Agriculture, Bernard Angelras affiche pour son nouveau mandat un cap clair : passer d’une logique de moyens à une obligation de résultat, au service d’une profession durement éprouvée par la crise.
Le vigneron gardois, installé dans les Costières-de-Nîmes, ne cache pas son urgence. « On ne peut pas laisser les gens dans la situation de détresse actuelle, il faut leur apporter des solutions », plaide-t-il, qu’elles relèvent du domaine technique, économique ou commercial. L’objectif affiché : aider la viticulture à se réinventer tout en garantissant la rentabilité des exploitations.
Renforcer le transfert vers le terrain
Institut d’expertise scientifique et de transfert technologique, l’IFV joue depuis 2021 le rôle d’interface entre les laboratoires de recherche — l’INRAE en tête — et les opérateurs viticoles. Son portefeuille couvre actuellement plus de 200 essais en cours sur tout le territoire. Pour amplifier l’impact concret de ces travaux, deux conventions stratégiques viennent d’être signées. La première, avec le réseau des Chambres d’Agriculture, vise à mieux diffuser les résultats des essais vitivinicoles sur le terrain par l’intermédiaire des conseillers viticoles départementaux. La seconde, conclue avec le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes (CTIFL), ouvre des pistes de complémentarité autour de la diversification des cultures pérennes. Bernard Angelras cite l’exemple du raisin de table, dont la France importe massivement faute de production suffisante alors même que ses capacités agronomiques existent.
Donner du sens au métier
Au-delà des partenariats stratégiques, le président de l’IFV entend remettre l’innovation au cœur d’une viticulture en quête de renouvellement générationnel. Pour lui, la solution passe par l’introduction de nouveaux cépages, de nouvelles pratiques culturales et d’une réinvention partielle des outils traditionnels. « Il faut redonner du sens au métier pour répondre à l’enjeu du renouvellement des générations », souligne-t-il, soulignant l’urgence d’attirer des jeunes vers un métier qui peine actuellement à séduire.
L’efficacité collective comme leitmotiv
Le constat de Bernard Angelras est sans détour : la filière vin compte une multitude d’organisations professionnelles dont les actions doivent désormais se mesurer à leur capacité à apporter des réponses concrètes aux producteurs. « On voit trop de gens trop malheureux sur le terrain, on n’a pas le droit de ne pas répondre à leurs attentes », insiste-t-il. En tant que référent viticole des conférences de la souveraineté alimentaire, il entend porter cette exigence d’efficacité collective dans les arbitrages publics à venir, à un moment où la profession traverse l’une des phases les plus difficiles de son histoire récente.