Accord mets et vins avec un bun bo hue

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Spécialité de la ville impériale de Hué, dans le centre du Vietnam, le Bún Bò Huế séduit par sa puissance aromatique et sa palette de saveurs entrelacées. Trouver le vin idéal pour l’accompagner relève d’un exercice d’équilibre.

Soupe de nouilles aux notes profondes, le Bún Bò Huế se distingue par un bouillon longuement mijoté à partir de viande de bœuf et parfois de jarret de porc, enrichi de citronnelle, de pâte de crevettes fermentées et d’huile au rocou. Le piment apporte sa chaleur, la citronnelle son éclat citronné, et l’ensemble forme un plat aussi complexe que stimulant. Cette richesse exige un vin capable de jouer simultanément la fraîcheur, la finesse et la rondeur, sans jamais écraser les arômes du plat.

La voie des blancs aromatiques

Le premier réflexe consiste à se tourner vers des vins blancs vifs et expressifs. Un Riesling sec d’Alsace ou de la Moselle constitue un partenaire de choix : son acidité tranchante répond aux notes citronnées tandis que ses parfums fruités tempèrent la chaleur du piment. Un Pinot Gris légèrement plus opulent, sur des nuances de poire et de miel, apporte de la rondeur face à l’umami de la pâte de crevettes. Pour une approche plus citronnée encore, un Sauvignon Blanc de la Loire ou de Nouvelle-Zélande prolonge habilement les notes d’agrumes et d’herbes aromatiques caractéristiques du plat.

Pour les amateurs de rouges

Côté rouges, l’écueil consiste à éviter les vins trop tanniques ou trop boisés qui se heurteraient à l’intensité épicée du bouillon. Un Sangiovese de Toscane offre un compromis intéressant grâce à ses tanins soyeux et à ses arômes de cerise et d’épices douces, qui dialoguent avec la profondeur de la viande. Plus inattendu, un Gamay du Beaujolais sur le fruit ou un Pinot Noir de Bourgogne légèrement servi frais peut également constituer un choix réussi, à condition de privilégier des cuvées sur l’élégance plutôt que sur la concentration.

L’audace des bulles

Pour ceux qui aiment sortir des sentiers battus, les vins effervescents méritent une attention particulière. Un Crémant de Loire ou un Champagne extra-brut, par leur effervescence et leur acidité, viennent rafraîchir le palais entre deux cuillerées de soupe, atténuent la chaleur du piment et offrent une lecture nouvelle de l’accord. C’est tout l’intérêt de la cuisine vietnamienne : ouverte, ludique, elle se prête à des mariages inattendus qui élargissent l’horizon des amateurs de vin curieux.

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