« 100 l/ha, ce n’est pas suffisant » : pour lutter contre le mildiou dans les vignes avec du cuivre il faut du volume de bouillie

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Un essai conduit par la chambre d’agriculture de Gironde apporte des éléments concrets sur le volume optimal de bouillie cuprique à appliquer contre le mildiou. Les conclusions, débattues par d’autres experts, soulignent l’importance de bien couvrir le feuillage pour gagner en efficacité.

Comment tirer le meilleur parti des traitements au cuivre, autorisés en agriculture biologique mais limités en quantité de matière active ? L’étude girondine, présentée le 4 février lors des Rencontres Viticoles d’Aquitaine à Blanquefort, milite pour une augmentation du volume de bouillie. « 100 litres par hectare ne suffisent pas avec le cuivre », résume Dominique Dochier, responsable des essais. Si les produits conventionnels tolèrent ce dosage, le cuivre, produit de contact, exige une couverture plus généreuse pour développer son effet protecteur.

Trois volumes mis en concurrence

L’essai, mené en 2025 sur une parcelle plantée à 4 200 pieds par hectare, a comparé trois modalités à partir du septième traitement, une fois la pleine végétation atteinte : 100, 200 et 400 litres par hectare. Au total, quinze traitements ont été appliqués au fil de la saison avec une bouillie bordelaise, pour 4 kilos de cuivre métal au final.

Les premiers symptômes de mildiou sont apparus sur feuilles le 4 juin, puis sur grappes le 16 juin, avec une forte progression entre fin juin et début juillet. À la récolte, l’intensité d’attaque sur grappes atteignait 6 % pour la modalité 100 litres, contre la moitié pour les modalités 200 et 400 litres. La conclusion s’impose : 200 litres représente le meilleur compromis entre efficacité, faisabilité et impact environnemental, le passage à 400 litres n’apportant aucun gain supplémentaire significatif tout en accroissant le risque de ruissellement.

Des avis professionnels nuancés

Tous les experts ne partagent pas cette analyse. Renaud Cavalier, spécialiste de la pulvérisation à la chambre d’agriculture du Gard, plaide au contraire pour des volumes plafonnés à 150 litres en pleine végétation, afin d’éviter le ruissellement. Pour Laurent Chambriard, conseiller chez Phloème en Gironde, tout dépend du type de pulvérisateur et de la surface foliaire : entre 9 000 m² dans les vignes larges et 24 000 m² dans les hautes densités bordelaises, les ajustements doivent être différenciés. En Bourgogne, Pierre Petitot, d’Apex Conseil Viticole, recommande de ne pas dépasser 180 litres en pneumatique, des essais champenois ayant montré une perte de 20 % du produit sur grappes au-delà de 250 litres.

Tous s’accordent toutefois sur l’essentiel : le volume reste un levier secondaire. Le bon renouvellement des passages et un pulvérisateur correctement réglé demeurent les fondamentaux d’une protection cuprique réussie.

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