Au cœur des Charentes, l’Institut de Richemont propose une formation singulière dans le paysage de l’enseignement agricole français : un BTSA viticulture-œnologie spécifiquement orienté vers les métiers du cognac et des pineaux des Charentes. Établissement privé sous contrat avec le ministère de l’Agriculture, l’institut affiche une spécificité revendiquée comme « unique au monde » par son directeur, Yannick Laurent.
La particularité de cette formation réside dans la place accordée aux techniques de la distillation charentaise. Au-delà des fondamentaux classiques de la viticulture et de l’œnologie, les étudiants apprennent à maîtriser le savoir-faire ancestral de la double chauffe, à piloter un alambic charentais et à appréhender les subtilités d’un travail qui marie tradition et précision technique. L’élaboration des pineaux des Charentes, mistelle locale obtenue par l’assemblage de moût de raisin et d’eau-de-vie de cognac, fait également partie intégrante du cursus.
Le format pédagogique repose entièrement sur l’alternance. Les étudiants alternent deux semaines de cours à l’institut et deux à trois semaines en entreprise, dans une exploitation viticole, une maison de cognac ou une coopérative. Cette immersion régulière dans le monde professionnel offre un apprentissage très concret et permet aux jeunes de tisser dès leurs études un réseau précieux dans la région cognaçaise.
Avec une promotion d’une cinquantaine d’élèves répartis sur les deux années, l’établissement maintient une taille humaine propice à un suivi individualisé. Les liens étroits noués avec les exploitations alentour facilitent grandement la recherche d’employeurs : malgré la crise traversée actuellement par le vignoble cognaçais, les opportunités professionnelles restent nombreuses pour les futurs diplômés.
Cette résilience s’explique notamment par la spécificité du métier. Les exploitations charentaises ont besoin de profils maîtrisant à la fois la vigne, les vinifications préparatoires à la distillation et la conduite des alambics. Cette polyvalence, associée à une connaissance du terroir local, constitue un sésame apprécié auprès des employeurs.
Au-delà du diplôme, c’est tout un ancrage territorial qui se transmet. La formation forme des techniciens capables d’accompagner les exploitations dans leurs évolutions, qu’il s’agisse de la transition agroécologique, de la diversification ou de la commercialisation. Pour les jeunes passionnés par la région cognaçaise et son patrimoine viticole, ce cursus représente une voie royale vers un secteur prestigieux et exigeant.