Viticulture en Lot-et-Garonne : entre Terre de Vignerons et les Vignerons du Brulhois, un mariage de raisin

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Au lendemain de l’adhésion de la cave des Vignerons du Brulhois à l’union coopérative Terre de Vignerons, la directrice générale Delphine Leuillet tient à rassurer : les magasins de Layrac et Donzac, en Lot-et-Garonne, restent ouverts. Ces lieux constituent depuis toujours des points de contact privilégiés entre les vignerons et leurs clients, et leur fermeture aurait représenté une perte symbolique majeure pour la filière locale.

Un rapprochement coopératif stratégique. Cette adhésion marque l’union du Brulhois avec Terre de Vignerons, deuxième groupe coopératif français de vins tranquilles et premier de Nouvelle-Aquitaine. L’opération s’inscrit dans la procédure de sortie de redressement judiciaire engagée par la cave depuis l’été 2025. Elle vise à mutualiser les fonctions de conditionnement, de marketing, de logistique et de commercialisation, là où la cave souhaitait alléger sa structure pour se recentrer sur son cœur de métier.

Concrètement, les Vignerons du Brulhois conservent leur site de vinification à Donzac, dans le Tarn-et-Garonne, ainsi que leurs deux boutiques. Mais ils transfèrent à Terre de Vignerons les opérations industrielles aval, plus capitales et plus exigeantes en investissement. Ce schéma permet à la cave de bénéficier d’un outil industriel de pointe sans avoir à le financer seule, tout en préservant son identité locale et sa relation directe avec les consommateurs.

L’enjeu des boutiques de proximité. Les magasins de Layrac et Donzac jouent un rôle particulier dans le tissu local. Au-delà de la vente, ils sont des lieux d’échange où les habitants découvrent les nouveautés, rencontrent les vignerons et nouent des liens avec la coopérative. Dans une région marquée par les difficultés économiques de la viticulture, ces points de vente représentent aussi un signe tangible de vitalité, indispensable pour maintenir l’attractivité du territoire.

Un modèle de mutualisation. Cette association reflète une tendance plus large dans la coopération viticole française : face à la baisse de consommation, à la pression sur les prix et aux exigences logistiques croissantes, les caves de taille modeste peinent à conserver l’ensemble des compétences en interne. La mutualisation devient une réponse pragmatique, permettant de concilier ancrage territorial et puissance industrielle.

Pour le Brulhois, 58 viticulteurs et 85 hectares en production sur le Gers, le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne, ce mariage de raisin est aussi une bouée de sauvetage. Pour Terre de Vignerons, c’est l’occasion d’étendre son périmètre et d’enrichir son portefeuille de marques. Une opération doublement gagnante, qui dessine probablement la coopération viticole de demain : locale dans l’âme, mutualisée dans les moyens, et résolument tournée vers la performance commerciale.

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