Six ans après son arrivée à la tête du château de Plaisance, à Rochefort-sur-Loire en Anjou, Vanessa Cherruau franchit une nouvelle étape : la vigneronne est désormais actionnaire majoritaire du domaine, accompagnée d’un nouveau partenaire, le chef d’entreprise Laurent Dumas.
Diplômée de l’École supérieure d’agriculture d’Angers, Vanessa Cherruau s’était associée en septembre 2019 à l’investisseur Emmanuel Lemaire, via sa holding LMR, pour reprendre le château de Plaisance auprès du couple Rochais, qui cherchait depuis longtemps un repreneur. À l’époque, la jeune dirigeante avait élaboré un plan stratégique sur dix ans, mêlant programme de replantation, relance commerciale et montée en gamme des 25 hectares du domaine, étendus sur trois appellations majeures de la région : Chaume, Quarts de Chaume et Savennières.
Une reconnaissance qualitative confirmée
Le travail de fond mené à la vigne comme au chai a rapidement porté ses fruits. En 2025, le château de Plaisance a décroché sa première étoile au Guide Vert, une distinction qui valide la trajectoire qualitative engagée. Sur le plan économique, Vanessa Cherruau peut également mettre en avant un doublement du chiffre d’affaires depuis sa prise de fonctions, performance saluée par le Crédit Agricole qui l’a accompagnée dans cette nouvelle phase capitalistique. La vigneronne porte aujourd’hui 55 % des parts du domaine.
Un nouveau partenaire venu de l’immobilier
Cette recomposition de l’actionnariat fait suite au désengagement annoncé par Emmanuel Lemaire après les vendanges 2024. Exerçant son droit de préemption, Vanessa Cherruau s’est appuyée pour boucler l’opération sur un nouvel associé : Laurent Dumas, dirigeant du groupe immobilier Emerige et déjà propriétaire du Domaine de la Chapelle à Chinon. L’entrée de cet investisseur passionné de vin, qui connaît déjà bien la vallée de la Loire, doit permettre de consolider le projet du domaine sur le long terme.
Cap maintenu sur la biodynamie
Les deux actionnaires affichent une feuille de route commune. Le château de Plaisance entend poursuivre son engagement dans la biodynamie, travailler sa résilience face aux aléas climatiques de plus en plus marqués sur l’Anjou et continuer son ascension qualitative cuvée après cuvée. Une approche qui s’inscrit pleinement dans la dynamique observée chez plusieurs domaines de la région, où les jeunes générations conjuguent rigueur agronomique et ambition commerciale.