« Ils aiment les bulles, les liquoreux, les moelleux, les vins rouges fruités et légers  » Un nouveau marché s’ouvre en Inde

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L’accord de libre-échange signé en janvier dernier entre la France et l’Inde ouvre de nouvelles perspectives au commerce du vin. Avec une réduction significative annoncée des droits de douane, les exportateurs hexagonaux peuvent envisager plus sereinement ce marché potentiellement immense, jusqu’ici verrouillé par une fiscalité prohibitive. Les domaines pionniers, déjà engagés sur le terrain indien, dessinent la voie à suivre pour les futurs candidats à l’export.

Au mois de mars, un conteneur de 10 000 cols doit ainsi prendre la direction de New Delhi. Il transporte notamment des vins des Châteaux Suau et de Langalerie, deux propriétés bordelaises appartenant au groupe argentin Alejandro Bulgheroni Family Vineyards. La première est classée en Cadillac Côtes de Bordeaux, la seconde en Côtes de Bordeaux. Vegan et bio, ces vins disposent d’un atout supplémentaire dans un pays où 40 % de la population est végétarienne. Pour ces deux châteaux, dont 70 % de la production est exportée vers l’Asie et l’Amérique du Nord, il s’agit d’une première expérience indienne.

Le conteneur transporte également des bordeaux rouges d’entrée de gamme élaborés par Blends, la société de négoce du groupe, spécialement formulés pour un importateur indien rencontré en 2024 sur le salon Vinexpo India à Mumbai. Nicolas Le Puil, responsable export Asie et Canada, confie aimer aller là où personne ne va. Il fut alors le seul domaine bordelais présent. L’année suivante, à ProWein Mumbai en 2025, trois autres châteaux bordelais l’ont rejoint, signe d’un intérêt grandissant.

Sur ces deux salons, l’export manager a pu observer un véritable engouement pour le vin chez les jeunes professionnels indiens. Étudiants en sommellerie, employés de l’hôtellerie, amateurs avertis : tous savent déguster et apprécient particulièrement les bulles, les vins liquoreux, les moelleux et les rouges fruités et légers. Les profils plus charnus ou tanniques ne correspondent pas, pour l’instant, aux attentes du marché.

Reste le frein historique des taxes douanières, longtemps prohibitives, sans oublier qu’en Inde, la bière et le whisky dominent largement la consommation d’alcool. Il faut donc accompagner les consommateurs vers le vin. Si l’accord de libre-échange paraît prometteur, Nicolas Le Puil appelle à la patience. Selon lui, le véritable décollage du marché interviendra d’ici deux ans, le temps que les habitudes évoluent et que la logistique commerciale s’adapte aux nouvelles opportunités tarifaires.

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